La Démoustication en Charente-Maritime

La Recherche et le développement

Le Service départemental de démoustication de la Charente-Maritime participe activement à plusieurs programmes de recherche scientifique et conduit en interne des expérimentations pour améliorer ses pratiques d’interventions.

1- Suivi scientifique des effets non intentionnels sur les invertébrées aquatiques non-cibles


Depuis 1998 à 2015, l’équipe Ecotoxicologie et Qualité des milieux Aquatiques de l’INRA de Rennes a mis en œuvre le suivi à long terme de l’impact potentiel des traitements de démoustication sur les communautés d’invertébrés aquatiques dans les zones humides du littoral de ce département. Ces études ont montré que les traitements avec les larvicides à base de Bti  n’ont pas d’impact négatif sur les communautés étudiées. Les évolutions temporelles de l’abondance des invertébrés considérés comme les plus importants pour l’alimentation des oiseaux (néréis, corophiums, larves de chironomes) ont été comparables entre les zones témoins et les zones traitées.

Le rapport d’étude « Evaluation à long terme des effets non intentionnels de la démoustication dans les zones humides du littoral du Morbihan » - Septembre 2011- regroupe l’ensemble des résultats du suivi des effets non intentionnels potentiels dans la station de Locoal Mendon (Morbihan) sur la période 2006-2011. Cette étude conclue à une absence d’impact des traitements au VectoBac® WG sur les communautés d’invertébrés aquatiques non cibles dans cette station. Ces résultats ont par ailleurs fait l’objet de publications internationales :

2- Déploiement du suivi sur les invertébrés non cibles dans différents habitats prioritaires


Depuis 2011, le Service de démoustication (ex EID Atlantique) a souhaité renforcer ses connaissances relatives aux effets éventuels de la démoustication sur la faune non cible, en prolongeant l’étude conduite par l’INRA sur différents sites de la façade atlantique. En effet, si les résultats acquis dans le Morbihan sont transposables aux milieux comparables (habitats de type « prés salés »), il convient d’étudier les effets des interventions sur d’autres milieux représentatifs des différents habitats prioritaires concernés par les interventions :

  • lagunes côtières,
  • marais calcaires à Cladium mariscus et espèces du Carex davallianae,
  • forêts alluviales à Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior.

Ainsi 4 stations d’études supplémentaires ont été définies et ont fait l’objet de prélèvements entre 2011 et 2014.

3- Etude des impacts potentiels sur la faune pollinisatrice

 
Entre 2011 et 2014, sous le parrainage de l'ONG "Terre d'Abeilles", le Service de démoustication (ex EID Atlantique) a souhaité compléter les connaissances relatives aux effets éventuels des interventions de régulation des moustiques sur la faune pollinisatrice, et en particulier sur les colonies d’abeilles. Dans cet objectif, l’établissement a engagé un partenariat dans le cadre d’un programme de recherche avec le Centre Vendéen de Recherche et de Sélection Apicoles (CVRSA).


Une première campagne d'études a été conduite sur 5 ruchers placés au cœur des territoires d’intervention, pour mesurer, en comparaison avec des ruchers témoins, les éventuels effets des traitements pratiqués en milieu naturel sur des sites du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. Cette évaluation porte sur :

  • l'observation de l'activité de butinage,
  • le comportement des abeilles,
  • le développement des colonies,
  • la mesure des mortalités.


Les critères de sélection des colonies ont été strictement vérifiés (origine et âge de la reine, densité de population, composition du couvain,….). 4 ruches sont installées sur chaque site expérimental, toutes équipées de balances électroniques interrogeables à distance. Cette étude est menée depuis avril 2011 jusqu’au printemps 2014.

Le réseau de surveillance a permis de comparer des colonies dans des conditions d'exposition très variables.


Les résultats démontrent l'absence d'effets délétères sur les abeilles ou d'affaiblissement des colonies causés par les traitements réalisés avec du VectoBac©.

Téléchargement du rapport : Evaluation des effets éventuels de la préparation larvicide issue du Bacillus thurengiensis israelensis sur l’abeille domestique Apis mellifera m. – Frank ALETRU – CVRSA-EID Atlantique – Septembre 2012
 
En 2013, ces études ont été poursuivies en ciblant les observations sur deux sites situés sur l'île d'Oléron et sur le bassin d'Arcachon, les premières observations confirment d'ores et déjà les précédents résultats et démontrent l'absence d'effet du Bti sur les colonies d'abeilles.

 

4- Les odonates

Le Service de démoustication (ex EID Atlantique) s’est engagé auprès du GRETIA (Groupe d’Etude des Invertébrés armoricains), organisme missionné par les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) des Pays-de-la-Loire et de Basse Normandie, pour la protection des odonates dans le cadre de la déclinaison régionale (Pays-de-la-Loire) du Plan national d’action.

Une attention particulière est accordée au Leste à grands stigmas (Lestes macrostigma), dont l’habitat pourrait être concerné par les interventions de démoustication. Ces échanges ont permis, d’une part de sensibiliser les agents à cette problématique, et d’autre part de constater que les gîtes larvaires ciblés par les traitements ne semblent pas coïncider avec les habitats de développement des larves de Leste à grands stigmas du fait de caractéristiques physiques et hydrauliques sensiblement différentes.

Les pratiques actuelles actuelles du Service de démoustication (ex EID Atlantique), qui privilégient des traitements au sol localisés sur des gîtes larvaires ciblés et en fonction d’un monitoring de contrôle rigoureux, ont été confrontées avec l’écologie et la répartition du Leste. Les habitats de développement préférentiels des Culicidés-cibles ne semblent pas coïncider avec ceux de Leste macrostigma. En conséquence, le risque d’impact apparaît faible.

 

5- L'adaptation des dosages aux facteurs environnementaux

 

Le Service de démoustication (ex EID Atlantique) conduit depuis plusieurs années des expérimentations pour diminuer les concentrations de biocide en les adaptant notamment aux conditions extérieures de température. L’utilisation sur le terrain du VectoBac®WG est aujourd’hui largement inférieure aux doses homologuées (moyenne appliquée à 400g/ha pour une homologation à 1kg/ha). Les résultats des derniers tests permettent d’envisager une réduction des dosages sur les premiers stades larvaires lorsque les eaux atteignent une certaine température (T°>15°C). Dans certaines conditions, des doses de 200 g/ha sont appliquées.

Ces résultats, qui font du Service de démoustication de la Charente-Maritime (ex EID Atlantique) un pionnier dans ce domaine au niveau européen, ont fait l’objet de communication scientifique à l’occasion du 6ème congrès de l’EMCA à Budapest en septembre 2011.

Poster « Risk assessment and mitigation of Vectobac WG used for larval mosquito control in wetlands of the French Atlantic coast”


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